Couvertures et charpentes de Bourgogne : désordres et reprises

La Bourgogne réunit des toitures très différentes, de la tuile plate des villages de la Côte aux toits vernissés des hospices, en passant par les dalles de calcaire du Châtillonnais et les fortes pentes du Morvan. Toutes partagent la même contrainte : un hiver long, des gelées répétées et, en altitude, une charge de neige qui sollicite la charpente autant que la couverture. Un désordre s'y explique presque toujours par la saturation d'un matériau poreux suivie du gel, ou par la fatigue d'une pièce de bois sous surcharge répétée.

La tuile plate bourguignonne

La petite tuile plate de terre cuite, posée à pureau court sur un liteaunage serré, couvre l'essentiel du bâti ancien de la Côte-d'Or, de l'Auxois et du Mâconnais. Son étanchéité ne tient pas à chaque élément mais au triple recouvrement, ce qui rend la moindre approximation de pureau lourde de conséquences : quelques centimètres gagnés à la repose ouvrent un passage d'eau sur toute une ligne. Cette terre cuite ancienne reste poreuse, se charge d'eau à l'automne et se desquame en surface au premier hiver franc avant de se fendre dans l'épaisseur. Le NF DTU 40.211 fixe pour la tuile plate les pentes et recouvrements admissibles, modulés selon la zone climatique et la situation, abritée, normale ou exposée.

Retrouver le bon modèle demande de la méthode : récupération et réédition du même dessin diffèrent parfois de quelques millimètres, écart invisible à l'unité qui décale une ligne entière sur un versant. Le nettoyage se conduit au brossage et par traitement des mousses, jamais au jet haute pression, qui décape la pellicule de surface et accélère la gélivité.

Les toits polychromes et la tuile vernissée

Les toitures vernissées de Beaune, de Dijon et de plusieurs édifices de la Côte relèvent du même matériau que la tuile plate courante, mais leur face exposée porte une glaçure colorée cuite avec la terre. Cette couche vitreuse protège la tuile tant qu'elle reste continue ; un éclat ou un choc de grêle laisse l'eau atteindre le tesson poreux, qui gèle et fait sauter la glaçure par plaques. Les motifs géométriques imposent de remplacer chaque élément par une tuile de même teinte et de même module, faute de quoi la trame du dessin se rompt. Ces interventions relèvent d'entreprises habituées au bâti ancien et se conduisent avec les services du patrimoine lorsque l'édifice est protégé.

La lave calcaire du Châtillonnais et de l'Auxois

Sur le plateau châtillonnais et dans une partie de l'Auxois subsistent des couvertures en lave, dalles de calcaire posées à recouvrement sur une charpente volontairement surdimensionnée. Le poids atteint plusieurs centaines de kilogrammes au mètre carré, si bien que la reprise de ces toits est d'abord une affaire de structure : une panne fléchie ou un chevron fatigué se remplace avant tout travail de couverture. La lave se dégrade par délitement des lits du calcaire sous l'effet du gel, phénomène lent que l'on repère aux feuillets qui se détachent en sous-face. Le tri des dalles récupérables et le calage au mortier de chaux demandent un savoir-faire rare, et le coût au mètre carré n'a rien de comparable à celui d'une couverture courante.

Neige, charpente et structure porteuse

Le Morvan et les hauteurs de la Nièvre reçoivent des chutes de neige durables, dont la charge s'ajoute pendant plusieurs semaines au poids propre de la couverture. Une charpente traditionnelle, fermes assemblées par tenons, mortaises et chevilles, arbalétriers, entrait, poinçon et contrefiches, absorbe cette sollicitation tant que les assemblages restent serrés et les pannes calées sur leurs échantignoles. Un ventre au milieu du rampant, un poinçon descendu ou un entrait qui s'écarte signalent une reprise urgente, par moisage de la pièce déficiente, pose de sabots métalliques ou prothèse en résine époxy armée de fibre de verre sur un about encastré dans la maçonnerie. La flèche admissible se situe couramment autour du trois-centième de la portée, et les NF DTU 31.1 et 31.3 encadrent respectivement la charpente traditionnelle et les fermettes industrielles, dont le contreventement ne doit jamais être coupé pour aménager des combles.

Le bois n'est colonisé par les champignons qu'au-delà d'environ vingt pour cent d'humidité, seuil qu'une infiltration prolongée ou une condensation entretenue suffit à franchir. La mérule se rencontre dans les combles fermés et les caves des maisons anciennes, et sa présence fait l'objet d'une déclaration en mairie. Les insectes à larves xylophages, capricorne des maisons dans les résineux, petite et grosse vrillette dans les chênes anciens, se repèrent aux trous d'envol et à la vermoulure. Le traitement curatif associe bûchage, brossage, injection sous pression par bouchons-clapets espacés d'une trentaine de centimètres et pulvérisation d'un produit certifié, sous garantie écrite.

Zinguerie, noues et évacuation des eaux

La fonte de la neige met la zinguerie à rude épreuve, l'eau s'écoulant par intermittence et stagnant dès qu'un chéneau est encombré. Une noue reçoit l'eau de deux versants sur une largeur réduite, où un recouvrement insuffisant provoque une infiltration lente, longue à se manifester. Les chéneaux encaissés des maisons de ville de Dijon ou d'Auxerre se corrodent par l'intérieur, sous les dépôts, sans le moindre signe visible depuis la rue. Le zinc se dilate d'environ deux centièmes de millimètre par mètre et par degré, ce qui impose des longueurs limitées et des agrafes coulissantes, une pièce trop longue soudée à ses deux extrémités finissant par fissurer au droit de la soudure.

Ventilation et écran de sous-toiture

Une couverture ne doit jamais être étanche à la vapeur. La lame d'air entre l'écran et le matériau évacue l'humidité venue de l'isolant, avec une entrée en égout et une sortie en faîtage par closoir ventilé. Sous une couverture chargée de neige plusieurs semaines par an, l'absence de cette circulation se paie vite : la condensation se dépose sous les liteaux et pourrit le support en quelques hivers. Les écrans bitumés posés avant les années deux mille, peu perméables, se remplacent par un écran de haute perméabilité à la vapeur dès qu'une réfection étendue est engagée.

Diagnostic et contenu du devis

L'eau se montre rarement là où elle entre : elle suit un chevron, franchit un écran percé et ressort plusieurs mètres plus bas, ce qui impose d'examiner le comble avant tout chiffrage. Un devis sérieux nomme la cause, sépare ce qui relève du matériau, du support et de la mise en oeuvre, puis détaille fournitures, main-d'oeuvre, accès et évacuation. Sur une petite intervention, l'échafaudage ou la nacelle représente parfois la moitié du montant, et regrouper les points à traiter en une seule montée réduit d'autant le coût unitaire. L'attestation d'assurance doit enfin mentionner nommément la couverture et la charpente parmi les activités garanties.

Budget d'une réparation en Bourgogne

Une réparation localisée se situe entre 150 et 800 euros selon le matériau, la pente et l'accessibilité. Une tuile mécanique coûte quelques euros et une ardoise naturelle de deux à cinq euros pièce, mais la tuile plate de récupération et plus encore la tuile vernissée changent l'échelle du chiffrage, la fourniture pouvant alors dépasser la main-d'oeuvre. Le traitement curatif d'une charpente se chiffre de 20 à 40 euros du mètre carré traité, un moisage de panne ou un remplacement de chevron se devisant à la pièce.

Entreprises de couverture en Bourgogne

SAS BOISSE, implantée à Laizé, réalise des travaux de charpente, de couverture et de zinguerie, et intervient également en isolation de toiture, ossature bois, solivage, pose de fenêtres de toit et entretien avec démoussage.

SARL WEISS, établie à Crimolois, intervient en charpente, couverture et zinguerie, avec l'isolation des combles et de la toiture ainsi que la pose de panneaux solaires photovoltaïques et de tuiles solaires.

Bellacouverture, basée à Branches, réalise des travaux de toiture, de zinguerie et de charpente, pose des fenêtres de toit et intervient sur différents types de toitures en rénovation comme en entretien.

Schelcher Couverture, implantée à Auxerre, prend en charge la réparation de toiture, la charpente et la rénovation, ainsi que le nettoyage de toiture, l'isolation, l'étanchéité, la zinguerie et les gouttières.

Secteurs desservis

Principales villes de la Côte-d'Or : Dijon, Beaune, Chenôve

Principales villes de Saône-et-Loire Chalon-sur-saone, : Mâcon, Montceau-les-mines Le Creusot

Principales villes de l'Yonne et de la Nièvre : Auxerre, Sens, Nevers