Couverture et charpente dans le Hainaut

Le bâti du Hainaut a une caractéristique qui change tout pour un couvreur : il est majoritairement construit en bande, mur contre mur, en brique et sous une toiture à deux versants dont les rives s'appuient sur des pignons mitoyens. Une infiltration n'y reste presque jamais un problème individuel, car l'eau qui passe au droit d'un mitoyen se manifeste chez le voisin aussi bien que chez soi. À cela s'ajoute un climat de pluies fréquentes et modérées, qui maintient les couvertures humides une bonne partie de l'année et n'accorde aux versants nord que de brèves périodes de ressuyage.

La panne flamande et la terre cuite locale

La tuile flamande, dite panne, domine le paysage avec son profil en S et son emboîtement simple, posée sur liteaux à pureau réduit et calée par des crochets en rive et en bas de pente. Son galbe prononcé laisse subsister sous chaque élément un volume d'air qui joue en faveur du séchage, mais il crée aussi des points de contact ponctuels : un liteau descendu de quelques millimètres suffit à ouvrir le recouvrement de tout un rang. La terre cuite ancienne, cuite à basse température, conserve un réseau capillaire ouvert et se dégrade par gélivité, l'eau retenue dans le tesson gonflant au gel et détachant des plaques de surface. Le remplacement impose de vérifier le module avant commande, une panne de récupération et une réédition contemporaine différant parfois assez pour désaligner une ligne entière.

Toitures de corons, rives et mitoyenneté

Les cités minières et les rangées d'ouvriers posent un problème que l'on ne rencontre pas sur une maison isolée : le raccord entre deux couvertures voisines, réalisé tantôt par un solin sur mur de refend débordant, tantôt par une simple bande métallique posée à cheval. Ces raccords vieillissent mal. Un solin scellé au mortier contre une brique gélive se décolle en quelques hivers, et il faut lui préférer une bande porte-solin engravée dans le mur, seule solution qui absorbe les mouvements différentiels. Sur ces toitures en bande, les rives doivent en outre être fixées mécaniquement et non simplement bloquées au mortier, car les coups de vent d'ouest exercent une dépression qui décolle les éléments par le dessous.

Les couvertures en ardoise

L'ardoise reste très présente, en couverture complète comme sur les brisis et les lucarnes, et elle vieillit selon une logique inverse de ce que l'on imagine : la pierre survit à sa fixation. Un crochet en acier zingué ou un clou acier des années soixante finit par disparaître à la corrosion, et l'élément glisse alors qu'il est parfaitement sain. La reprise se fait au crochet en inox austénitique, dont la tenue dépasse la durée de vie prévisible de la couverture, ou au clou de cuivre lorsque le voligeage est en bon état. Lorsque le lot d'origine contenait de la pyrite, les coulures ocre puis le feuilletage gagnent l'ensemble du versant et la dépose franche devient plus rationnelle qu'une succession de remplacements.

Zinguerie et atmosphère industrielle

Le Hainaut a longtemps vécu sous une atmosphère chargée en poussières et en composés soufrés, héritage qui pèse encore sur les zingueries anciennes. Un chéneau encaissé ou une noue fermée se corrodent d'abord par l'intérieur, sous les dépôts qui retiennent l'humidité en permanence, et se percent sans que rien ne soit visible depuis la rue. Le zinc se dilate d'environ 0,02 millimètre par mètre et par degré, ce qui impose des longueurs limitées et des agrafes coulissantes : une pièce continue soudée à ses deux extrémités finit par fissurer au droit de la soudure. Un rechargement à l'étain sur un ouvrage arrivé en fin de vie ne vaut que comme mesure d'attente avant remplacement,.

La charpente sous la couverture

Un versant qui creuse au milieu du rampant relève de la structure et non de la couverture : panne intermédiaire fatiguée, échantignole fendue, ou plus souvent about de panne sablière pourri dans la brique. Les murs en brique pleine des maisons de rang transmettent l'humidité aux bois encastrés, et l'attaque se développe dans la maçonnerie, hors de vue depuis le comble. La reprise combine moisage de la pièce déficiente, pose d'un sabot métallique ou réalisation d'une prothèse en résine époxy armée de fibre de verre lorsque seule l'extrémité est perdue, la flèche admissible se situant autour du trois-centième de la portée.

Le bois ne devient colonisable par les champignons qu'au-delà d'environ vingt pour cent d'humidité, seuil qu'une fuite ancienne ou un mur gorgé d'eau atteignent facilement. La mérule se développe dans les combles et les caves confinés et sa présence donne lieu à une déclaration en mairie. Les larves xylophages, capricorne des maisons dans les résineux et vrillettes dans les bois anciens, laissent des trous d'envol et de la vermoulure sous les pièces atteintes. Le traitement curatif suppose un bûchage jusqu'au bois sain, un brossage, une injection sous pression par bouchons-clapets espacés d'une trentaine de centimètres et une pulvérisation générale, avec un produit certifié et une garantie écrite.

Ventilation et écran de sous-toiture

Dans un climat humide où les toitures sèchent peu, la ventilation de la sous-face décide de la durée de vie du support. La lame d'air entre l'écran et la couverture ne remplit son rôle que si elle prend l'air en égout et le rejette en faîtage par un closoir ventilé, disposition absente de la plupart des combles aménagés sans dépose de versant. Les écrans bitumés posés avant les années deux mille bloquent la vapeur et transforment le sous-toit en zone de condensation permanente : leur remplacement par un écran de haute perméabilité s'impose dès qu'un pan est repris en totalité.

Du diagnostic au devis

Une fuite se lit rarement à l'aplomb de sa cause, l'eau cheminant le long d'un chevron avant de traverser le plafond, et un devis qui ne nomme pas cette cause chiffre une reprise d'apparence. Le coût d'accès pèse lourd sur une petite intervention, l'échafaudage ou la nacelle pouvant représenter la moitié de la facture, ce qui rend rentable le regroupement de plusieurs points en une seule montée. En mitoyenneté, il faut de surcroît anticiper l'accord du voisin lorsque l'échafaudage doit prendre appui sur sa propriété. Enfin, l'attestation d'assurance de l'entreprise doit mentionner explicitement la couverture et la charpente parmi les activités garanties.

Prix d'une réparation de couverture

Une reprise localisée se situe couramment entre 150 et 800 euros selon le matériau, la hauteur et l'accès. La fourniture pèse peu, quelques euros pour une tuile mécanique et de deux à cinq euros pour une ardoise naturelle, alors que la tuile de récupération se paie beaucoup plus cher. Le traitement curatif d'une charpente se chiffre de 20 à 40 euros du mètre carré traité, et une réfection de chéneau se devise au mètre linéaire, façonnage, soudures et accès compris.

Entreprises de couverture dans le Hainaut

HOYAUX NICOLAS, implantée à La Bouverie, intervient dans la construction, la rénovation et la transformation de toitures, ainsi que sur les charpentes traditionnelles et préfabriquées, la couverture en tuiles, ardoises et zinc et l'isolation de toiture et de plateforme.

RL Toitures, implantée à Jemappes, prend en charge les travaux de toiture inclinée et de toit plat, la création et la rénovation de charpentes, la zinguerie, l'isolation et la pose de fenêtres de toit.

Dupont Toiture, implantée à Tournai, intervient sur la toiture et la charpente en construction comme en rénovation, avec la couverture, la zinguerie et les travaux liés à l'étanchéité du toit.

Jilou Toiture, implantée à Jemappes, réalise la pose et la rénovation de toitures plates ou inclinées et prend également en charge la couverture, le bardage et l'isolation, en neuf comme en transformation.

Coperbat, implantée à Mont-sur-Marchienne, traite les travaux de toiture, le revêtement de façade et l'étanchéité, sur toitures inclinées et plates, en rénovation comme en construction.

Secteurs desservis

Principales communes du Hainaut français : Valenciennes, Maubeuge, Denain, Hautmont, Anzin, Marly, Saint-Saulve