Couverture et charpente dans l'agglomération lyonnaise
Le Rhône est un département de transition, et cela se lit d'abord sur ses toits. Au sud de Lyon commence le domaine de la tuile canal et des pentes faibles héritées du Midi, tandis qu'au nord, vers la Dombes et le Beaujolais, la tuile écaille à forte pente reprend le dessus. Nommer le système avant de chiffrer une reprise n'est donc pas une précaution de style, c'est la condition pour que la réparation tienne.
La ligne de partage des toits
Au sud de la métropole, la couverture repose sur des tuiles creuses posées par alternance de courants et de couverts, sans autre maintien que leur poids et le frottement des rives. Ce système accepte des pentes très faibles, autour de 25 à 30 pour cent selon la zone et la situation au sens du DTU 40.21, mais il devient vulnérable dès que le vent soulève un couvert ou qu'un chat déplace une file entière. La difficulté vient plutôt du réassort : entre une tuile de récupération du siècle dernier et une réédition contemporaine, l'écart de module atteint parfois plusieurs millimètres et suffit à décaler une ligne complète.
Au nord et sur les coteaux, la tuile écaille et la tuile plate de pays imposent au contraire des pentes fortes, un pureau court et un recouvrement généreux, car l'étanchéité y est obtenue par superposition et non par galbe. La terre cuite ancienne, cuite à basse température, garde un réseau capillaire ouvert dans lequel l'eau s'installe ; le gel la fait alors éclater, d'abord par desquamation superficielle, ensuite en profondeur. Les hivers lyonnais restent modérés, mais les alternances de gel et de dégel de janvier et février agissent chaque année sur des tuiles déjà chargées de mousses. Sur les toitures d'apparat, la tuile vernissée demande un remplacement à teinte et à cuisson comparables, sous peine d'un damier disparate visible depuis la rue.
Chéneaux encaissés et zinguerie des immeubles de ville
Dans la Presqu'île, sur les pentes de la Croix-Rousse et dans les vieux quartiers de Villefranche-sur-Saône, l'eau n'est presque jamais recueillie par une gouttière pendante mais par un chéneau encaissé, logé derrière un mur bahut et invisible depuis le sol. Ce dispositif se corrode par l'intérieur, sous les dépôts de feuilles et de poussières, et le premier signe est souvent une trace d'humidité en tête de mur, plusieurs étages plus bas. Le zinc se dilate d'environ 0,02 millimètre par mètre et par degré, ce qui interdit les grandes longueurs soudées en continu et impose des agrafes coulissantes ainsi que des dilatateurs réguliers. Une pièce bloquée à ses deux extrémités finit par fissurer au droit de la soudure, et le rechargement à l'étain d'un ouvrage déjà aminci ne vaut que comme mesure d'attente avant dépose.
Les noues, ouvertes ou fermées, concentrent l'eau de deux versants sur une largeur réduite et concentrent tout autant les sinistres. Un recouvrement insuffisant, un relevé trop bas ou un simple bouchon de feuilles produisent une infiltration lente qui met des mois à se voir au plafond. Les solins scellés au mortier contre les murs mitoyens se fissurent au fil des mouvements différentiels : la reprise durable passe par une bande porte-solin engravée dans la maçonnerie plutôt que par un nouveau cordon de ciment.
Les charpentes des immeubles de canuts
Les immeubles à ateliers de tissage de la Croix-Rousse ont été bâtis avec de grandes hauteurs sous plafond et des combles très pentus, portés par des fermes traditionnelles assemblées par tenons, mortaises et chevilles. Arbalétriers, entrait, poinçon et contrefiches y forment un triangle indéformable dont la stabilité dépend de quelques assemblages seulement : un embrèvement écrasé en pied d'arbalétrier ou une échantignole fendue suffisent à faire apparaître un ventre au milieu du rampant. Un versant qui se creuse ne relève jamais de la couverture, mais du bois qui la porte, et la reprise passe par le moisage de la pièce déficiente, la pose de sabots métalliques ou, pour un about de panne noyé dans le mur, une prothèse en résine époxy armée de fibre de verre. La flèche admissible se situe couramment autour du trois-centième de la portée en toiture, ce qui laisse peu de marge sur les grandes travées.
Le bois n'est colonisé par les champignons lignivores qu'au-delà d'environ vingt pour cent d'humidité, seuil qu'une infiltration prolongée finit toujours par atteindre. La mérule, qui prospère dans les combles confinés et non ventilés, fait l'objet d'une déclaration en mairie et laisse une pourriture cubique caractéristique. Les insectes à larves xylophages, capricorne des maisons, petite et grosse vrillette, se repèrent aux trous d'envol et à la vermoulure accumulée sous les pièces. Le traitement curatif combine le bûchage des parties altérées, le brossage, l'injection sous pression par bouchons-clapets espacés d'une trentaine de centimètres et une pulvérisation générale, avec un produit certifié et une garantie écrite.
Ventilation des combles
Une toiture n'a pas à être étanche à la vapeur : elle doit laisser sortir l'humidité que produit le logement. La lame d'air ménagée entre l'écran de sous-toiture et la couverture ne fonctionne que si l'air entre en égout et ressort en faîtage par un closoir ventilé, continuité que les aménagements de combles réalisés dans les années quatre-vingt-dix ont souvent supprimée. Les écrans bitumés posés à cette époque ne laissent pas passer la vapeur, et l'eau condense alors sous les liteaux jusqu'à pourrir le support. Leur remplacement par un écran de haute perméabilité à la vapeur s'impose dès qu'une dépose étendue est engagée.
Accès, diagnostic et devis
Dans le Rhône, l'accès pèse souvent plus lourd que la fourniture. Une cour intérieure fermée, une traboule trop étroite pour une nacelle, une rue en forte pente ou un stationnement à neutraliser transforment une intervention modeste en chantier logistique, et l'échafaudage représente parfois la moitié de la facture. Regrouper en une seule montée l'ensemble des points à traiter, faîtage, solins et souche de cheminée comprises, fait mécaniquement baisser le coût unitaire. Un devis sérieux commence par nommer la cause du désordre et retracer le cheminement de l'eau entre le point d'entrée et la tache constatée, avant de décrire la reprise. Enfin, l'attestation d'assurance doit mentionner explicitement la couverture et la charpente parmi les activités garanties, sans quoi la décennale ne joue pas.
Budget d'une intervention
Une réparation localisée se situe entre 150 et 800 euros selon le matériau, la hauteur et le mode d'accès. La fourniture reste secondaire dans la plupart des cas, une tuile mécanique valant quelques euros et une ardoise naturelle de deux à cinq euros l'unité, mais la tuile canal ancienne de récupération et la tuile vernissée se paient nettement plus cher. Le traitement curatif d'une charpente se chiffre couramment de 20 à 40 euros du mètre carré traité, tandis qu'un moisage de panne ou le remplacement d'un chevron se devise à la pièce, accès et main-d'oeuvre inclus.
Entreprises de couverture dans l'agglomération lyonnaise
Charroin Toitures, à Vourles, est une entreprise familiale plus que centenaire qui réalise la charpente traditionnelle, la couverture, la zinguerie et le bardage bois pour les particuliers comme pour les collectivités du Rhône.
Aublanc, à Couzon-au-Mont-d'Or, intervient depuis 1937 en couverture, zinguerie, charpente et isolation, avec une pratique suivie de l'ardoise, du cuivre et des couvertures métalliques dans le nord de l'agglomération.
Soprema Entreprises Lyon concentre son activité sur l'étanchéité, le bardage et l'isolation des toitures de bâtiment, avec une expérience de plus d'un siècle sur les toitures-terrasses et les ouvrages complexes.
Galien Toitures, à Chassieu, créée en 1930, assure la création et la réfection de toitures, la charpente, la zinguerie, l'isolation des combles et la recherche de fuites sur toute la région lyonnaise.
Chopin, au Perréon, couvre le Beaujolais, le Val de Saône et le secteur de Villefranche-sur-Saône pour la couverture, la zinguerie, la charpente et la construction à ossature bois.
Communes couvertes
Principales zones de la Métropole de Lyon et sa banlieue : Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Saint-Priest, Caluire-et-Cuire, Bron, Villefranche-sur-Saône
Principales villes de l'Ain : Bourg-en-Bresse, Oyonnax
Et aussi : Vienne (Isère), Bourgoin-Jallieu (Isère)